L’Hypnose Ericksonienne : Qu’est ce que c’est ?

Il y a derrière l’hypnose quantité de peurs, de préjugés et d’idées reçues. Or il s’agit d’une approche efficace, novatrice et moderne, qui a fait son entrée dans de nombreuses structures hospitalières et cliniques.​​​​​​

À l’heure du développement de soi, l’Hypnose Ericksonienne, du nom de son inventeur, le psychiatre Milton Hyland Erickson (1901-1980) pour qui « nous avons tous des potentialités dont nous ne sommes pas conscients », se révèle particulièrement populaire et efficace. Loin du stress de la vie quotidienne, cette thérapie, en permettant au sujet de mieux se connaître, offre ainsi un meilleur rapport au monde en général. L’Hypnose Ericksonienne est appelée aussi « Nouvelle Hypnose » pour la différencier de son ancêtre l’hypnose classique. C’est l’hypnose classique qui a donné cette mauvaise réputation à l’hypnose et qui suscite encore une méfiance, voire un côté « spectacle ». S’appuyant sur des suggestions directes et autoritaires (Dormez, je le veux !), elle se soldait souvent par une rechute ou une substitution de symptôme. Dans les années 60, le Dr Milton Erickson bouleverse tout cela en s’adressant à ses patients de manière empathique, c’est-à-dire en se mettant à leur place, donc dans le respect de leur personne. Les patients ont alors accès à leurs propres ressources, qu’ils pourront utiliser afin d’atteindre le but qu’ils se sont donné.

Milton Erickson hypnose

Milton Hyland Erickson (1901-1980) a été docteur en médecine de l’université du Wisconsin, et a exercé comme psychiatre dans les hôpitaux d’Etat du Rhode Island, du Massachusetts, du Michigan puis de l’Arizona, ainsi que comme consultant privé. Il a sans doute été le plus grand hypnothérapeute de tous les temps – 43.000 personnes hypnotisées au cours d’une carrière de plus de 50 ans – et ses méthodes ont complètement renouvelé la pratique de l’hypnose ainsi que ses usages thérapeutiques. Milton Erickson a écrit environ 150 articles dans des revues scientifiques sur ses découvertes cliniques et ses recherches sur l’hypnose.

L’Hypnose Ericksonienne.

Par le biais de différentes techniques et outils (dont l’humour !), l’Hypnose Ericksonienne mène la personne à un état modifié de conscience, de manière pédagogique et non autoritaire et à toutes les ressources que permet cet état particulier de conscience. L’hypnothérapeute utilise l’état hypnotique pour aider la personne qui, elle, profite de cet état pour accéder à ses ressources. Elles sont dans l’inconscient. L’inconscient qui recèle toutes nos potentialités : siège de nos expériences individuelles et collectives. Tandis que le conscient a maille à partir avec les contraintes du quotidien !

​​​​​​L’hypnose Ercksonienne répond à certaines règles techniques mais le secret d’un bon hypnothérapeute repose outre son savoir faire, sur ses capacités à guider une personne en douceur, dans un langage subtil, léger. Un langage qui fait mouche, qui tombe à pic ; un langage créatif, inventif, où les suggestions indirectes sont utilisées pour contourner les résistances qui peuvent exister (stress, nervosité,…). Un ajustement de tout instant pour accompagner la personne vers ses propres ressources inconscientes.

Qu’est ce que l’état d’hypnose ?

Contrairement à ce que la racine grecque pourrait suggérer, ce n’est pas un état de sommeil. Ni un état d’éveil ordinaire. La personne en état modifié de conscience reste « consciente » tout au long de la séance. Pour donner une image : à plus petite échelle, nous connaissons et rencontrons cet état modifié de conscience tous les jours. C’est quand nous sommes « dans la lune », « ailleurs » au détour d’une conversation ennuyeuse, en plein embouteillage ou plongés dans un bon film. C’est ce qu’Erickson a appelé la « common every day trance ». C’est donc un état naturel que tout à chacun peu éprouver et que l’hypnose Ericksonienne amplifie dans un cadre thérapeutique pour dépasser certains de nos blocages et comportements problématiques.

Que traite l’hypnose ?

La liste est longue ! Dépression, anxiété, crises de panique, stress et mal-être, migraines, insomnies, cauchemars. Boulimie, anorexie, tabagisme, tics et bégaiement. Phobies, allergies, hypertension artérielle, préparation préopératoire. Impuissance, troubles gastro-intestinaux, psoriasis, zona, eczéma. Problèmes de couple, familiaux. Manque de confiance en soi… Mais aussi, réorientation professionnelle ou personnelle, entraînement à la concentration, à la performance : sports, examens, définition d’objectifs, aide à la décision, etc.

L’état hypnotique : une preuve scientifique !

Avec l’avancée et les progrès de la médecine, l’hypnose est à présent reconnu et validé par le monde médical. Mais, comme dans beaucoup de domaines, il est clair que si l’on croit à l’hypnose, il y a beaucoup de chances pour que cela marche davantage.

Vous trouverez ci-dessous un court extrait d’un article sur l’Hypnose paru dans LaCroix.com :
Les progrès de l’imagerie cérébrale, notamment le TEP (tomographie par émission de positrons) permettant d’observer un cerveau en activité, ont élucidé les mécanismes qui entrent en jeu. 

« On a pu montrer qu’il s’agissait d’une fonction cérébrale cognitive, en lien avec l’attention, résume le professeur Marcel Châtel, neuropsychiatre et professeur de neurologie. Et comme pour la plupart des fonctions cognitives (la mémoire par exemple), il existe une très grande variabilité suivant les individus : certains sont très hypnosuggestibles ; d’autres le sont difficilement. »

« On a pu confirmer aussi qu’il s’agissait d’un état cérébral spécifique qui ressemble au sommeil, mais n’est pas le sommeil, poursuit-il. On parle d’ ”état de conscience modifié”, car il n’est pas l’état de vigilance habituel. Cet état rend plus sensible aux suggestions, le patient acceptant de relâcher son système de contrôle habituel pour s’ouvrir à autre chose. »

Ce phénomène de suggestions se voit en imagerie. Les chercheurs ont pu ainsi constater que les réponses du cerveau à un même stimulus douloureux n’étaient pas les mêmes selon qu’il était sous hypnose ou non. Mais aussi qu’une « suggestion » faite par l’hypnothérapeute (un son, une image, une douleur) déclenchait chez le patient les mêmes réactions cérébrales que si ce stimulus était réel.